30 ans déjà que la petite bestiole nous révolutionne la vie, 30 ans, et il a bien vieilli !

Une entrée de gamme de l'époque, c'était 128Ko de mémoire vive, des disquettes 3.5" de 400Ko et un écran de 512*342 pixels monochrome mais magnifique déjà, le tout pour un poids d'à peine 9 kilogrammes. Les disques durs existaient, mais ils coutaient plus cher que la machine ! Une imprimante, à aiguilles, vous n'avez pas connu ? Pourtant bien pratique pour imprimer avec "copie carbone", en vrai ! Un modem asynchrone ou pas, mais avec un débit maxi de 4800 bit/s, oui 4.8K, et pas d'internet, c'était du point-à-point, et avec des réseaux précurseurs comme Calvacom qui permettait de passer l'atlantique avec des données. Steve frimait déjà, et il pouvait, cette machine a "retourné" l'industrie informatique, même Bill Gates aurait bien voulu la copier. C'est d'ailleurs son premier réflexe dès qu'il sait que la machine existe, et pas prioritairement pour travailler pour Apple, mais pour faire un logiciel similaire au système du Macintosh dans le but d'en doter les PC, horribles tanks à l'époque, dépourvus de souris et d'interface graphique.

Oui, le Mac a bien chamboulé tout ça, et il est encore en train de le faire aujourd'hui, même si le mouvement est moins évident de nos jours, la simplicité des interfaces et l'intuitivité à l'usage est bien toujours à l'apanage d'Apple, quel que soit la machine considérée.

Image extraite de Toupoil Le Chien Loutre — Serge Monfort

Ainsi, il est dit.

Vous serez encore quelques millions de plus, d’ici la fin de l’année, à tripoter, avec vos petits (ou gros) doigts agiles (ou pas), une tablette tactile ou un smartphone.

Pour la plupart, vous ferez certainement la découverte de votre nouvel univers en commençant par reprendre ce qui vous était familier déjà sur votre ordinateur, le web, les mails, quelques documents, de la musique, des vidéos, des films pourquoi pas ?

Quasi aucun d’entre vous ne pensera d’emblée à lire une BD sur sa tablette !

Normal, l’outil est bien au dessus de ça, on peut tellement qu’on en oublie que qui peut le plus peut aussi le moins. Mieux même, le moins à encore moins cher ! Oui, je sais, j’entends d’ici la vieille garde crier au blasphème, Aaarrhg ggnnniiii, la BD, mais c’est du papier, comment pourrait-ce être autrement ? Et pourtant…

C’est l’aspect incidieux des ordinateurs et du numérique en général : c’est aussi et surtout un vaisseau moderne pour organiser divers marchés de biens dématérialisés à travers le monde. Et les fans de musique l’ont bien adopté, rapidement, envers et contre tous, pour la musique mais aussi pour les films, les livres, et donc la BD…

Ainsi, lecteur, tu seras nouveau, à la marge, et peut-être n’auras-tu jamais ou très peu acheté de BD en papier avant d’acheter ta première BD numérique. Inaltérable, inépuisable, indestructible (ou alors toute la planète avec elle !), elle te charmera par son prix bien inférieur à sa version matérielle et l'aspect "lumineux" des planches éblouira ta surprise d'un plaisir éclatant.

Mais si tu es vraiment très riche (et donc matérialiste), tu pourras aussi continuer de craquer pour le papier, version luxe et tellement fragile qu’il te faudra en prendre grand soin, un trésor à protéger que tu ne pourras pas toujours emmener partout comme la version numérique, pour la montrer à d’autres ou la relire à loisir, où que tu sois.

Ainsi il te sera aussi possible de trouver, alors même que la version papier est épuisée, des BD qui avaient échappé à ta sagacité, ou bien même des BD numériques qui n’ont encore jamais eu de version matérielle !

Parfois on reste léger toute sa vie, et l’art ne s’en porte pas plus mal.

Ainsi c’est par les marges que tiennent les pages d’un livre, numérique ou pas. Et vous aussi les auteurs, vous êtes pour l’instant à la marge, voire entre deux marges, car souvent, encore trop souvent, votre éditeur craint le numérique et redoute probablement de voir ses ventes s’écrouler et de devoir détruire encore plus de ses stocks. Mais pourquoi tant de stocks ? Des rêves en provision, en prévision ?

Votre éditeur ne voit pas « la valeur ajoutée » d’une version numérique ? La partie « noble », dans le papier, s’en serait allée avec les pixels, le papier ne rentrait pas dans un fichier ? La charge émotionnelle de l’œuvre était uniquement dans le papier mais pas dans l’encre déposée (mais pas numériquement !) qui représentait l’œuvre dessinée de vos mains ?

Il est dit. Le papier ne sera pas remplacé, mais le numérique sera irrémédiablement le média dominant, parce que facile et disponible, progressivement plus que le papier, et tellement plus vite. La vie de l’un ne sera pas la mort de l’autre, car le déchu continuera longtemps de s’alimenter du promu, et d’en faire son miel pour le bien des plus riches.

Auteurs, si vous hésitiez encore, vos ouvrages nous intéressent, qu’ils soient ou non publiés en papier, épuisés ou non retirés. Un succès numérique vaut bien un succès papier, il suffit parfois juste de tenter le coup !

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Une progression désormais nette

 

 

2014 sera probablement l'année du véritable essor du numérique en matière de livres, et surtout de BD.

On l'espère bien en tout cas, sinon il nous faudra changer de métier !

Après avoir été confrontés pendant 4 ans aux réticences des grands et petits éditeurs, ainsi parfois qu'à celles des auteurs eux-mêmes, nous assistons désormais à ce qui "devait se produire" : les américains qui mettent la main ou presque sur l'essentielle de la production de BD française exportable. Je ne nommerai pas ici la plateforme qui a raflé la mise, pas la peine de rêver, les français n'inventeront pas iTunes ou Google Play pour "revenir dans le marché", c'est beaucoup trop tard pour même seulement essayer d'y penser ! Nous n'avons plus qu'à nous soumettre, et laisser faire les grands (arnaqueurs) ?

Avec l'aide des américains, ceux qui accepteront les règles auront peut-être la chance de percer à l'échelle mondiale, et de trouver, qui sait, un lectorat là où ils ne s'y attendaient pas. C'est un peu le constat que nous avons fait chez iGoMatiK depuis le début de l'aventure, en traduisant les ouvrages, nous avons vu immédiatement que la langue cible n'était pas forcément lue dans les pays concernés mais bien plutôt par des expatriés en veine de trouver un ouvrage dans leur propre langue dans un autre pays. Ainsi, nous avons la chance d'avoir des achats au Tadjikistan ou en Ouzbékistan, presque autant qu'aux états unis ! C'est dire si ce marché est en effervescence !

Ce n'est donc pas de l'anglais que nous vendons aux USA, mais de l'allemand, du français ou du Néerlandais… curieux non ? Le principal c'est d'en vendre direz-vous, et vous, achetez-vous des BD numériques ?

Il n'est pas inutile de redire ici que la BD numérique est 60 à 75% moins chère que sa version en papier. Quand elle existe. Car, pour l'instant, très peu d'éditeurs osent proposer "en concurrence" une version numérique d'une œuvre récente (sauf à avoir volontairement réduit le tirage papier ?), de peur de perdre des ventes et de rester avec un stock en rayon ? Car voilà un avantage extrême (hormis sa vitesse de diffusion planétaire) du numérique sur le papier, ni sur-stocks, ni rupture de stock !

Rappelons aussi que la plus grande cause de piratage est l'indisponibilité ou la rareté d'une offre légale "honnête", la BD est parmi les catégories les plus visées par le phénomène, particulièrement pour la traduction de manga qui souvent n'arrivent qu'un an ou deux après leur parution dans leurs pays d'origine. La conjoncture ressemble donc fortement à celle qui précédait la commercialisation de la musique en version "dématérialisée", et on sait encore une fois qui gagne ce genre de challenge… le futur.

Lisez et promouvez encore les BD numériques, l'avenir est devant vous, loin très loin devant ! 

On a beaucoup entendu parler de censure ces derniers jours sur le web, surtout à propos d'Apple et de son appstore. Certes le géant est roi dans son propre palais, même si depuis l'apparition du phénomène iOS et de ses terminaux mobiles, une foule de développeurs et d'éditeurs se sont précipités sur le fameux magasin en ligne d'Apple pour y tenter un peu tout et n'importe quoi. Au point de spammer parfois la file des dépôts d'applications.

Nous-mêmes, nous étions partis dans l'idée qu'un peu tout ce qui apparaissait dans les rubriques du magasin en question était systématiquement plébiscité par des millions d'utilisateurs avides de ce nouveau moyen d'occuper leur temps que sont les applications mobiles. Pas étonnant, à l'époque, de voir une boite à pets se vendre à 50 ou 60 000 exemplaires en 15 jours, toujours plus ludiques et inutiles, des dizaines de milliers d'applications sont venues ainsi "enrichir" l'offre du géant, gratuites ou payantes, chacune tirant parti de la nouveauté et essayant d'ouvrir de nouveaux horizons, un bel avenir qui est toujours promis à cette activité pour quelques années encore.

Nous pensions donc, innocemment, que présenter des BD numériques à l'appstore serait enfantin à faire valider et qu'Apple ne trouverait rien à redire à aucun contenu puisque c'était de l'art, grave erreur…

Après six mois passés à préparer notre "coup d'introduction", histoire de bien se faire connaitre du premier coup auprès d'une large population de fans potentiels de BD numériques, nous n'avions pas hésiter à faire traduire notre premier ouvrage en 3 langues supplémentaires pour bien couvrir les différents pays susceptibles de s'intéresser à nous. Investissement en quasi pure perte, car au bout d'une très très longue attente de plus de
35 jours, un coup de fil des amis de la validation nous avise qu'il ne faut même plus essayer de présenter "ça" à leurs services, la raison ? Offense à la religion musulmane !! (il s'agissait alors du premier tome du Muslim Show, une première mondiale puisque la BD est entièrement réalisée par et pour des musulmans, même si elle est largement ouverte à tous, comme une sorte d'invitation à l'humour, sur le thème du Ramadan).

Houps… nous avons mis quelques jours à comprendre, puis à nous en remettre, mais c'était un très mauvais départ. Ça nous avisait d'emblée qu'il allait pas falloir leur présenter n'importe quoi, ou tout au moins plutôt que n'importe quoi pourrait être un prétexte de manquement à leurs guidelines et une cause potentielle d'éjection…

Bref, nous avons quand même remis le couvert, déniché quelques auteurs qu'on ne pourrait pas censurer, comme Charel Cambré et son Albert & Co, ou Denys Mathey et sa Véritable Histoire, nouvelle erreur, encore des choses à redire là aussi, incroyable, c'est quoi ? c'est où ? Cette fois ce sont des images inconvenantes avec l'âge déterminé pour le rating (+4 ans), en l'occurrence, des tétons de 3 pixels dans 3 cases sur une soixantaine de planches en tout ! Ça devient presque rageant à ce stade… On voit avec les auteurs, et on mets des bandeaux noirs pour censurer et bien montrer que ça l'est, basta.

Pour certaines cases on a été plus discrets, avec l'accord de l'auteur toujours qui n'en revenait pas de voir cacher ce sein… par contre deux planches de chaque leçon ont du être retirées pour présentation en tant qu'application, pour la version iBook ils n'ont fait aucun problème, allez comprendre pourquoi (Planches visibles ici)

Bref, je n'ai pas compté les fois, mais si j'essaye de récapituler ici, Léa Parker y a eu droit également (cette fois-ci le rating était bon, mais un screenshot un peu trop osé a du être retiré, en effet, les aperçus, non seulement ne prennent qu'un seul p, mais en plus sont visibles par tous, sans distinction d'âge !).

Et puis il y a eu La Horde, où on a du cacher le cul de Lucyen, et puis Grohonk, des éditions Makaka, cette fois, pour passer l'ouvrage, des centaines de tétons ont été masqués de rectangles blancs, pour pas saborder l'ouvrage. Et des tas d'autres que je ne compte même plus. Le pire c'est qu'à la longue on sait d'avance et on finit par s'autocensurer, enfin par censurer à l'avance des auteurs éberlués par ce qu'on leur annonce.

Heureusement, l'iBookstore semble bien moins sensible à ce genre de contrainte, et les règles sont bien moins fortes que pour l'appstore, la différence ? L'appstore distribue ses contenus dans plus de 125 pays contre 51 seulement pour l'iBookstore, et chaque pays à son seuil de tolérance, il faut convenir à tout le monde.

On veut bien le comprendre, mais c'est vrai que quand la censure a lieu "à postériori" c'est plutôt ennuyeux, surtout si, comme la dernière application éjectée du magasin, on a 12 millions d'utilisateurs sur lesquels on compte pour faire son beurre, Apple n'aime pas bien en fait qu'on détourne son modèle économique pour faire des affaires avec ses propres tuyaux, c'est de bonne guerre, même si c'est petit de la part d'un géant.